6e Génération

> Les cinq enfants de Maurice GREINDL et Gloria de SARACHAGA :

Aline-Esperanza-Julie-M. , née à Ixelles le 15 avril 1903 décédée à Froidchapelle 1e 20 août 1934. Elle épouse à Forest, 1e 15 juillet 1927, 1e Baron Joseph-M.- Hubert-G.-Ant. COPPENS d'EECKENBRUGGE, Ingénieur civil des mines, Vol. de Guerre 1914-18, Croix de Guerre, né à Louvain 1e 13 novembre 1897, décédé à Bévercé 1e 20 septembre 1949, fils du Baron Armand-M.- Aloys, et de Gabrielie-M.-Caroline (des chevaliers)de WOUTERS de BOUCHOUT.
Joséphine dite Pepita-E.-Emilie-M.-de-la-Gloria, née à Ixelles 1e 30 juin 1904; elle épouse à Forest 1e 15 juillet 1927 Pierre-Etienne-Ph.-L. GOFFINET, Ecuyer, né à Namur 1e 26 août 1897, décédé à Froidchapelle 1e 23 février 1972, fils de Théodule-Constant-L., et de Jeanne-M.-Jne¬Victoire QUAIRIER.
Marie-Gabrielle-E.-Sarah-Elvira, née à Ixelles 1e 19 octobre 1905.
Marie-de-l'Espérance-E.-Aline, née à Forest le 11 avril 1915 ; épouse à Varsovie 1e 8 avril 1958 1e Prince Stefan-Josef SWIATOPELK-CZETWERTYNSKI, né à Varsovie le 17 mars 1910, décédé 1e 10 octobre 1978, fils du Prince Seweryn-Kalikst-Franciszek, et de la Comtesse Zofia¬Maria-Barbara PRZEZDZIECKA.
Maurice-François-Ch. -M. -J. GREINDL, né 1e 28 décembre 1908 à Ixelles, décédé à Linkebeek 1e 16 mai 1963. Enfant accueilli avec joie après ses trois soeurs. Il fait ses études au Collège Saint-Pierre à Uccle et chez 1es Frères des Ecoles Chrétiennes à Saint-Gilles. Grand amateur de sport automobile, il participe avec succès à de nombreuses courses et rallyes. En 1936, il est chargé de convoyer dix ambulances offertes par la population belge aux armées de Franco. Son sang et son tempérament espagnol qui lui viennent de sa inère 1e poussent à travailler pour l'Espagne et il s'engage sous 1e nom de SARACHAGA comme conducteur d'ambulance. Sa conduite courageuse et plusieurs blessures, heureusement légères, lui valent d'être décoré de l'Ordre d'Isabelle la Catholique. Il rentre en Belgique à la mort de son père en 1937. En 1940, il fait la campagne des 18 jours, prisonnier à Bilsen, il est libéré grâce à l'intervention du Maréchal MANNERHEIM, cousin de sa grand-mère paternelle. A son retour en Belgique, il s'engage dans l'Armée Secrète où il reste jusqu'à la fin de la guerre. Il épouse à Ixelles, 1e 6 janvier 1938, Andrée-Doria-Julie-E. KETELS, née à Montevideo (Uruguay) le 29 mars 1918, fille de Henri-Gustave-Alphonse, ancien ambassadeur de Belgique, et de Laure¬Emilie-Mathilde HANSSENS dont il eut quatre enfants.

> Les cinq enfants de Léon GREINDL et Mathilde MESDACH de ter KIELE :
Marthe -Charlotte-M.-Aline, née à Ixelles 1e 12 septembre 1896. Elle épouse à Saint-Gilles-lez¬Bruxelles, 1e 19 février 1925 le Baron Henri-J.-Eugène-Ignace-M. van der ELST, Ingénieur Civil, Vol. de Guerre 1914-18, né à Bruxelles 1e 19 avril 1893, fils du Baron Léon-Georges-J.-M.- Philomène, et de Jonkvrouw Marie-Anne-Jne van VESSEM.

René -Jules-Marie-Maurice, Baron GREINDL, et son épouse Anne-Marie-Stéphanie-Jeanne¬Albertine VISART de BOCARME.
Notre père naquit à Bruxelles le 7 avril 1898; il fit ses études chez 1es Frères des Ecoles Chrétiennes rue Maurice, et ses humanités au Collège St-Pierre à Uccle; selon la tradition familiale, ces études furent accomplies avec un certain succès; selon mon grand-père, il fut cependant renvoyé pour trois jours en rhétorique pour s'être écrié 'A bas la calotte' après être monté sur son banc; ce sentiment dut être de fort courte durée si je m'en réfère à sa foi profonde, à ce qu'il nous en a laissé et à ce qu'il a témoigné jusqu'à sa mort.
Dès 1es premiers jours de la guerre, coïncidant avec sa sortie de rhétorique, il s'engagea comme volontaire et servit pour commencer au fort de Waelem (Anvers) où il fut blessé par un obus qui tua 1es deux autres desservants de la mitrailleuse qu'il approvisionnait.
Il connut ensuite diverses autres expériences militaires dont une longue partie dans 1es tranchées au deuxième Grenadiers. A la victoire, il était à l'École d'Officiers installée à Gaillon en France; il en sortait Sous-Lieutenant peu après.
Dès son retour de l'armée, il décida d'entreprendre des études et choisit celles d'ingénieur civil, complétées par un diplôme d'ingénieur électricien conquis à l'ULB en 1922.
C'est à ce moment qu'il fit la meilleure connaissance possible de l'avis de tous ses enfants : Anne-Marie VISART de BOCARME était la fille du Comte Etienne et de Jeanne de STEENHAULT; elle avait un frère, François, et deux soeurs, Suzanne qui devait épouser Jacques DELVAUX de FENFFE, et Madeleine, entrée peu après au Couvent des Dames Anglaises à Bruges dont elle devint supérieure. Maman avait fait ses études au Val Notre-Dame à Huy où Chantal est entrée par la suite. Nos parents se marièrent à Bruges 1e 19 octobre 1922 et s'établirent à Liège, papa ayant une situation à Bressoux, où il était en charge de la construction de la centrale électrique.
Un cousin de notre grand-père, Josse ALLARD, lui offrit peu de temps après d'entrer dans ses affaires de sucrerie, ce qui devait 1e mener d'abord, à Tirlemont (Hoegaerde), ensuite en Italie et de là en Roumanie.
Il parait que la famille se lamentait à l'époque de ne pas voir nos parents assurer 1eur descendance, mais Madeleine naissait en 1925 et ce fut 1e commencement d'une longue série qui ne s'arrêta qu'en février 1944 avec Solange, la treizième. Elles furent aussi 1es deux premières à nous quitter, Madeleine en juillet 1975 et Solange en décembre 1979.

Sybille, née en 1939 mourut à sa naissance.
Après deux ans en Italie, la sucrerie où travaillait notre père près de Pontelongo ayant été vendue à un groupe italien, il fut envoyé en Roumanie à Giurgiu sur 1es bords du Danube, premier endroit dont 1es aînés des enfants devaient garder des souvenirs, peut-être partiellement alimentés et entretenus par ceux qu'ils ne cessaient de réclamer à 1eurs parents. Cette période est restée pour nous celle au cours de laquelle maman avait connu la meilleure période de sa vie de famille. En 1930, par suite de la grande crise, l'usine de Giurgiu était fermée et la famille qui allait à l'époque jusque Chantal, numéro cinq, dite 'Mica' revint en Belgique et s'installa à Isle-la-Hesse, propriété qui avait séduit nos grands-parents VISART; ils avaient à proximité une propriété de campagne où ils passaient l'été; notre grand-père et son père avant lui avaient une passion forestière qui s'était traduite dans l'acquisition et la plantation de cet espace de fagne et de sarts ardennais en résineux d'espèces diverses et entre autres, de douglas qui furent parmi 1es premiers à être plantés en Europe; une partie de cette propriété appartient maintenant à Béatrice. Isle-la-Hesse était en très mauvais état. Papa, sans situation à l'époque, et maman entreprirent de la remettre en état et d'apprendre à 1eurs enfants à participer aux travaux dans la mesure de 1eurs moyens.

En 1933, sur la suggestion du Comte Louis de LICHTERVELDE, chef de Cabinet du Comte de BROQUEVILLE, Premier ministre, papa posait sa candidature au poste de Commissaire d'arrondissement à St-Vith : il s'agissait d'une situation délicate dans une région où 1e nazisme commençant avait recruté certains adeptes; grâce à sa parfaite connaissance de l'allemand, notre père devait s'y faire de nombreux amis dans toutes 1es couches de la population.
Ce poste lui imposait cependant de résider sur place et de ne voir sa famille qu'en week-end, c'est-à-dire à l'époque, 1e dimanche; c'était pour maman un sacrifice que ses enfants n'ont sans doute compris que plus tard.
En 1935, papa obtint de troquer St-Vith contre Bastogne et cela permit une nouvelle réunion de la famille, brièvement entrecoupée, en 1936, par la mobilisation à la suite de la réoccupation de la Rhénanie.
En 1939, notre père fut mobilisé pour une brève période, puis rendu à la vie civile en raison du nombre de ses enfants.

Le 10 mai 1940, il rejoignait 1e 2ème Régiment de Chasseurs Ardennais dont l'Etat-Major d'un des bataillons était cantonné à Isle-la-Hesse; maman nous emmenait tous à Mesy, propriété des grands-parents VISART située un peu plus à l'écart des grandes routes et faisait face immédiatement aux premiers contacts avec l'occupant, en tentant de défendre 1es cultivateurs des environs, surtout contre la réquisition de 1eurs chevaux.
Le 10 juin, nous avions l'émotion de voir papa revenir en uniforme, très fatigué, très ému, mais moins que nous et ayant une fois de plus fait son devoir à fond; immédiatement, il prenait en main 1es problèmes du ravitaillement de la province dont la quasi totalité de l'administration avait disparu.

En septembre, il était touché par M. VOSSEN, Secrétaire général du Ministère de l'Intérieur, qui lui demandait s'il acceptait 1es fonctions de Gouverneur, M. van den CORPUT, Gouverneur en titre étant en France non occupée l'un des responsables des réfugiés belges : notre père hésitait à accepter cette charge vu les circonstances, mais finalement il s'y résolut sur l'insistance du Prince de MERODE, président de la Croix-Rouge, après avoir pris conseil de M. HAYOIT de TERMICOURT, Avocat général, et du Comte Gobert d'ASPREMONT, Secrétaire du Roi, 1equel lui avait fait part de l'approbation de Sa Majesté.

C'était 1e commencement d'une nouvelle séparation familiale, notre père devant être à Arlon toute la semaine : il choisit comme chef de Cabinet 1e Comte Harold d'ASPREMONT, et parvint à établir avec 1e chef local de l'administration allemande (Colonel von PECHMANN) des relations correctes; cet officier allemand était un monsieur et fit ce qui était en son pouvoir pour empêcher 1es exactions de la Gestapo et des collaborateurs belges, grâce à Dieu, peu nombreux. Nos parents connurent à cette époque une situation très difficile ne permettant jamais l'action franche et directe qui aurait eu la préférence de notre père; très vite, il fut en butte aux critiques des collaborateurs belges et, en 1943, il devait être révoqué et assigné à résidence à Bruxelles, obligation qu'il respectait 1e moins possible.

En juin 1944, il donnait à Philippe et Réginald, qui avaient 17 et 16 ans, l'autorisation de rejoindre 1e Maquis, dont son ancien chef de Cabinet était l'un des responsables en tant que commandant du Secteur 5 de la zone 5 de l'A. S. C'est en manquant un rendez-vous avec Réginald, agent de liaison de l'Etat-Major, qu'il devait être arrêté et emprisonné d'abord à Malmédy, puis à Cologne et enfin à Buchenwald où il devait être assassiné en février 1944.
La responsabilité de sa mort incombait certes aux Allemands, mais bien plus encore à des communistes belges, à 1eur haine de la religion et de tout ce qui pouvait représenter un ordre spirituel : 1es circonstances en ont été retracées dans l'ouvrage de David ROUSSET, un communiste repenti publié sous 1e titre : 'Les jours de notre mort'.
Le seul souvenir de cette période est une petite croix en métal façonnée par papa et ramenée par 1e Père LELOIR avec sa volonté que tout soit pardonné; elle a été respectée. La Libération était arrivée pour maman: seule avec ses douze enfants, dont deux étaient dans 1e maquis, et elle devait apprendre très vite l'arrestation de papa, dans une atmosphère d'autant plus pénible que déjà se faisaient jour 1es rancoeurs et 1es bassesses émanant de ceux qui n'ayant pris aucune responsabilité dans la période difficile, cherchaient une réputation nouvelle.
Elle n'était pas au bout de ses épreuves; l'attaque von RUNDSTEDT survenait en décembre, et maman se retrouvait dans une cave d'Isle-la-Hesse avec ses six plus jeunes enfants, 7 élèves et un professeur du Séminaire pour trois semaines, 1e reste de la maison étant occupé par l'Etat-Major de la 101ème Airborne. Après cette épreuve, 1es murs tenaient encore et il y avait un toit; c'était tout; ce n'est qu'en mai que nous devions apprendre la mort de papa et commencer à comprendre que sans la foi, l'espérance et la charité, il n'y a pas beaucoup à attendre de la vie. Il n'est pas impossible qu'à travers maman, nous ayons idéalisé notre père, mais raconter 1es trente-quatre ans qu'elle nous a consacré seule, en accordant à chacun un intérêt aussi ouvert et une présence constante ne sera possible que plus tard.
Elle a eu la joie, la veille de sa mort, d'entendre la Soeur Marie, Supérieure générale de Bethléem lui dire qu'elle acceptait d'envoyer des religieuses à Marche-les-Dames, abbaye à la restauration de laquelle Réginald s'est attaché en plus de ses autres occupations, avec son soutien et celui plus modeste de tous ses enfants.
Décorations de René GREINDL:

Officier de l'Ordre de la Couronne avec palme à titre posthume
Chevalier de l'Ordre de Léopold avec glaives Officier de l'Ordre, de la Couronne de Chêne

Andre -Louis-Marie GREINDL est né à Ixelles 1e 3 juillet 1899.
Jeune volontaire en 1917, il franchit 1es barbelés pour passer en Hollande et gagner le front où il put rejoindre son père et son frère René.
Sur les 23 membres de cette évasion, seuls trois purent atteindre la Hollande.
Quelques heures après son départ, sa mère, la Baronne Léon GREINDL fut arrêtée par les autorités allemandes pour complicité dans son évasion.
Son Excellence le Marquis de VILLALOBAR intervint en sa faveur auprès du Roi d'Espagne qui téléphona au Kaiser.
Après lecture du jugement du Conseil de Guerre où l'on condamnait la Baronne Léon GREINDL à 10 ans de travaux forcés et à 20.000 marks d'amende, on lui annonça sa remise de peine sur intervention expresse du Kaiser.
Après la guerre, il suivit les cours de Sous-Lieutenance et fut nommé au 6e Régiment d'Artillerie.
Il quitta ensuite le service actif pour entrer dans les affaires.

En mai 1940, on le retrouve au commandement de la 5ème Batterie du 1er Régiment de D.T.C.A. dont il fit une unité d'élite qui eut le mérite d'abattre onze avions et reçut plusieurs citations pendant la bataille.
Sa batterie eut même la chance d'abattre un Fokker Wulf qui tomba tout près d'elle, et fait unique, elle prit en capture l'équipage.
Au lendemain de cette guerre, il quitta à nouveau l'armée et siégea aux conseils d'administration de différentes sociétés industrielles.

André GREINDL fut décoré des ordres suivants :

Officier de l'Ordre de la Couronne
Chevalier de l'Ordre de Léopold
Croix de Guerre 14-18 avec palmes
Croix Civique 1ère classe 1914-1918 avec rayure d'or.

Il avait épousé à Ixelles, le 27 avril 1931, Suzanne de HALLOY, fille de Paul de HALLOY et de la Vicomtesse Clotilde de JONGHE d'ARDOYE, dont il eut quatre enfants.
Isabelle -Berthe-Emma-M. GREINDL, née à Ixelles 1e 15 octobre 1901; épouse à Saint-Gilles à Bruxelles, le 31 mars 1921, Pierre-Eugène-M.-G. SMITS, Ecuyer, ingénieur mécanicien-électricien, Capitaine-Commandant de réserve, né à Bruxelles 1e 12 juin 1894 et décédé à Bruxelles le 13 octobre 1972, fils d'Alfred-Eugène-M., et de Mathilde -Félicité-Elise-M.-Emilie de SAVOYE.
Edith -E.-Le-M. GREINDL, Chevalier de l'Ordre de Léopold II, née à Saint-Gilles-lez-Bruxelles 1e 25 juin 1905.

> Les six enfants de Paul GREINDL et Isabelle de BURLET :

Françoise-M.-Julie-Aline-Elise, née à Bruxelles le 18 avril 1904. Elle épouse à Zellik, le 3 mai 1924, Jacques-M.-J.-Ernest-Corneille NEVE de MEVERGNIES, Ecuyer, Ingénieur civil des mines et électricien, volontaire de guerre 1914-18, Officier de réserve honoraire d'Artillerie, Officier de l'Ordre de Léopold II, Chevalier de l'Ordre de la Couronne, et Ordre Royal du Lion, Croix du Feu, né à Brecht 1e 13 avril 1889, fils de Louis-François-J.-Corneille et de Pétronille-M.-Je-Jeanne¬Mathilde-Ge KEYSERS et décédé à Wavre 1e 19 janvier 1979.
Jean-Jules-Edouard GREINDL l'aîné des cinq fils de Paul et d'Isabelle de BURLET est né à Bruxelles, 1e 10 avril 1905 et est mort pour 1e Roi et la Patrie 1e 7 septembre 1943. Il fait ses humanités gréco-latines au collège St-Boniface, puis entre à l'Institut Agronomique de Gembloux et achève sa préparation à un séjour au Congo à l'Institut Colonial de Vilvorde d'où il sort premier en 1925, signalé par ses professeurs comme sujet d'élite. Il est engagé à l'âge de 20 ans par la Forescom, société qui exploite des plantations d'hévéas aux alentours du Lac Léopold II. En août 1925, il s'einbarque à bord de l'Anversville pour un terme de trois ans et demi qu'il passera dans 1es différentes plantations du lac, à Mongobele, Bolia, Inongo. Il y est seul Blanc, ayant sous ses ordres 300 travailleurs Noirs; il 1es connaît tous, s'intéressant personnellement à eux et 1es soignant lorsqu'ils sont blessés ou malades. Sa droiture et sa fermeté de caractère lui permettent de supporter l'éloignement et la solitude totale pendant des mois entiers. Sa seule distraction est la chasse au buffle, au léopard, au crocodile... A la fin de ce terme, il décide de s'installer à son compte et s'associe à un ancien médecin de la Forminière, 1e Docteur GALLER, pour créer une plantation de café. Il choisit un terrain dans une région très éloignée des grands centres, sur 1e territoire de la tribu Basonge dans le Kasaï oriental; il y obtient une concession de 500 hectares de brousse et après en avoir défriché 1es deux tiers avec 1e concours d'une centaine de travailleurs recrutés dans les environs, y plante des champs de caféiers, de palmiers, orangers et citronniers, bordés d'arbres coupe-vent. Il construit lui-même sa maison en briques roses cuites sur place, en fabrique 1e mobilier tout en apprenant à ses ouvriers noirs les différents métiers nécessaires à ces 'travaux. En moins de deux ans, la plantation de Kamami est installée, jouissant de tout 1e confort possible, eau chaude et froide, électricité, radio . . . . Mais le caféier est une plante qui met cinq ans avant de produire le moindre fruit, aussi Jean connaît-il des années très dures pendant 1esquelles pour subsister, il doit travailler comme transporteur pour les sociétés voisines. Il était très aimé de ses travailleurs dont il parlait parfaitement la langue et qui voyaient en lui un chef aussi juste que bon; ils l'avaient d'ailleurs surnommé 'Bwana Kasongo', 1e grand chef. 'Il a su gagner l'estime de ses travailleurs et celle des indigènes de la région' (témoignage de Lomami, un de ses travailleurs). La guerre 1e surprend en Belgique où il vient de rentrer pour un congé de quelques mois. Après l'exode qui 1e mène, à la suite du Ministère des Colonies, jusque dans 1es Pyrénées, désireux de servir son pays, il offre ses services au Centre d'Accueil, organisme chargé de rapatrier de France les Belges qui s'y trouvaient encore; il s'occupe ensuite de la 'Cantine suédoise' qui organise des repas quotidiens pour 1es enfants bruxellois de santé délicate. En 1942 il trouve l'occasion de faire la guerre 'dans sa forme la plus difficile, celle qui réclame 1e plus de force morale : 1e mépris constant du danger, 1e courage allié à la prudence, le don d'organisation'. Il prend la direction en Belgique d'une ligne d'évasion, fondée en 1941 par Andrée DE JONGH, dont 1e but est de rapatrier en Angleterre 1es aviateurs alliés tombés dans 1es pays occupés. Il en sera le chef du mois de mai 1942 à février 1943. Il dirige cette ligne de son bureau de la 'Cantine suédoise', l'étend à tout 1e territoire, comme un réseau de mailles, trouve le moyen de fournir des vêtements civils aux aviateurs, de 1es nourrir, les loger, 1eur procurer de faux papiers d'identité et de 1es conduire jusqu'à Paris d'où ils gagnent 1es Pyrénées. Il est aidé dans cette tâche par un groupe de personnes, dont son frère Albert. Cette ligne est si bien organisée et efficace que 1es anglais la baptiseront 'ligne Comète'. Plusieurs aviateurs sont en effet rentrés dans leurs escadrilles quinze jours seulement après avoir été abattus. L'équipe de la 'Cantine suédoise' a une grande admiration et une sympathie très vive pour son chef. Il semait autour de lui la gaîté et c'était un lien d'attachement à sa personne'. Lui de son côté aimait ses collaborateurs et s'inquiétait de ce qui pouvait 1eur arriver : 'il aurait tout osé, mais il n'aimait pas que ses coéquipiers courent un danger'. En novembre 1942, deux Allemands réussissent à s'infiltrer dans la ligne en se faisant passer pour américains et provoquent l'arrestation de plusieurs personnes. Jean envoie en Angleterre ceux de ses collaborateurs 1es plus brûlés, mais il ne peut partir lui aussi car 1e successeur qu'il s'était choisi renonce à reprendre la ligne. Bien que courant des risques accrus, il est obligé de continuer 1e travail et de chercher un nouveau successeur tout en se cachant. Le 6 février 1943, alors qu'il a trouvé l'homme qui aurait pu 1e remplacer et qu'il se prépare a passer en Angleterre, il est arrêté à la suite d'une trahison. Au même moment, sa femme est également arrêtée par la Gestapo, sans égard pour 1e fait que son second enfant est âge de six semaines à peine; elle sera incarcérée pendant trois semaines à la prison de Saint-Gilles. Jean est soumis à des interrogatoires multiples assortis de tortures; malgré ce traitement, 'il n'a jamais trahi personne et a toujours cherché à couvrir 1es autres. Il n'a reconnu que ce qu'il ne pouvait pas nier car nous le savions déjà' (témoignage spontané de THIESS, interprète allemand, prisonnier à son tour en 1947). Détenu à Saint-Gilles jusqu'au 11 février, il est alors transféré au mépris de toutes 1es règles du droit international, dans la caserne de Gendarmerie, objectif militaire, occupée par 1es Allemands. Ni lui, qui y avait été conduit 1es yeux bandés, ni sa famille ne savaient où il se trouvait. Sa condamnation à mort est prononcée le 29 avril. Il connaîtra sept mois d'un emprisonnement extrêmement dur, au secret, dans une cellule presque sans lumière et sans autorisation de promenade. Son père et son beau-frère ont remué ciel et terre pour essayer de faire commuer la peine de mort en travaux forcés, ce qui a retardé l'exécution, mais a été inutile en définitive, Jean ayant été tué 1e 7 septembre 1943 par le bombardement américain des casernes. Une bombe est tombée juste dans sa cellule. Voici ce que ses meilleurs amis pensaient de lui : 'durant cette guerre, j'ai été sous 1e commandement : de beaucoup d'hommes dont la plupart furent magnifiques par 1eur valeur, 1eur courage et 1eur exemple du devoir; mais de tous, celui qui m'a laissé vraiment l'image d'un entraîneur d'hommes, c'est Jean GREINDLIl possédait deux vertus qui sont 1e propre des héros : 1e don de soi et l'humilité'. (Extraits des rapports de Georges d'OULTREMONT et de Michel van der STRATEN WAILLET, qui l'ont bien connu durant la guerre). Jean épousa à Bois-Seigneur-lsaac, 1e 10 mai 1937, Bernadette SNOY, fille de Thierry, Baron SNOY et d'OPPUERS et de Claire de BEUGHEM de HOUTEM. Ils eurent deux enfants. Décorations de Jean GREINDL. Chevalier de l'Ordre de Léopold avec palme Croix de Guerre 1940 avec palme Medal of Freedom avec palme d'argent Croix du Prisonnier Politique 1940-45 avec quatre étoiles Médaille Commémorative de la Guerre 1940-45 avec deux éclairs entrecroisés. Citation accompagnant l'attribution de la Croix de Guerre et de l'Ordre de Léopold : 'Dans un esprit complet d'abnégation à l'égard de sa Patrie, il créa un Service de Renseignements et d'Action. Il remplit sa mission avec héroïsme et refusa de quitter son poste à un moment particulièrement critique. Arrêté, il soutint les tortures qui lui furent infligées opposant à ses interrogateurs un mutisme total, et, condamné à mort, il mourut victime de son devoir, lors du bombardement d'un objectif militaire. A rendu les plus grands services à la cause alliée'.
Pierre-Jules-Maurice GREINDL, second fils de Paul et Isabelle de BURLET, est né à Bruxelles 1e 10 mai 1906 et est décédé à Ottignies 1e 27 décembre 1969. II n'était que d'un an plus jeune que son frère Jean et, vivant avec lui d'une manière inséparable, demanda, lorsque Jean prit ses premières 1eçons de 1ecture, à pouvoir y assister; il était assis bien sagement de l'autre côté de la table et apprit ainsi à lire 1es premières 1ettres à l'envers ! Voyant sa constance, ses parents l'autorisèrent à partager régulièrement 1es 1eçons de son aîné et c'est ainsi qu'ils entrèrent ensemble en 3e au Collège St. Boniface en octobre 1914. Ils firent toutes 1eurs humanités dans la même classe. En août 1940, Pierre, désireux de se soustraire à l'occupation allemande et de s'engager pour servir son pays, quitte la Belgique avec Gérard, son plus jeune frère. Ils ont l'intention de gagner l'Angleterre. Ils arrivent, non sans peine, dans les Pyrénées qu'ils franchissent à pied et tombent malheureusement sur 1es gardes espagnols qui 1es arrêtent. Gérard sera envoyé au camp de concentration de Miranda, tandis que Pierre est incarcéré à Madrid dans une horrible prison où il tombe sérieusement malade; son caractère optimiste et sa résistance l'aident à surmonter cette épreuve et, grâce à des amis espagnols, lui et Gérard peuvent enfin, au printemps 1941, gagner le Portugal et de là l'Afrique. Pierre est engagé à l'Union Minière et y participe activement à l'effort de guerre, cette société fournissant aux pays alliés 1es minéraux, cuivre, uranium... dont ils ont si grand besoin. Il restera à l'Union Minière jusqu'à la fin de sa vie, au Congo jusqu'en 1958, et ensuite à Bruxelles. Il s'occupe de la revue 'Haut-Katanga' et du 'service visiteurs'. Son esprit très fin et cultivé, avec nuance d'originalité et de fantaisie 1e pousse à s'intéresser à diverses activités extra-professionnelles. C'est ainsi qu'on le verra secrétaire, puis président de l'Union Africaine des Arts et des Lettres et secrétaire-trésorier de l'Association du Musée d'Elisabethville. Il connaît admirablement 1e Katanga, ce qui lui vaut de collaborer avec René-Jules CORNET à un ouvrage publié à l'occasion du 50e anniversaire d'Elisabethville En 1958, il rentre définitivement en Belgique et est appelé à diriger le Pavillon 'Congomines' à l'Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles. Sa grande bonté, sa délicatesse de coeur et son affabilité souriante lui attirent toutes 1es sympathies. Pierre épouse à Elisabethville, le 9 janvier 1943, Eliane KEYSER, fille de Henri-Léon et de Germaine PIERRE. Ils eurent quatre enfants. Décorations de Pierre GREINDL : Chevalier de l'Ordre de Léopold II Chevalier de l'Ordre Royal du Lion Croix des Évadés Médaille de l'Éffort de Guerre 1940-45.
Baudouin-Pierre-François GREINDL, est né à Ixelles le 5 septembre 1910 et est tombé au champ d'honneur devant Madrid le 16 février 1937. En 1936, la guerre civile fait rage en Espagne. La Belgique organise une collecte publique pour l'achat et l'envoi d'ambulances aux troupes du Général Franco. Baudouin, de même que son cousin Maurice, s'offre à conduire une de ces ambulances jusqu'en Espagne. Il quitte la Belgique le 16 septembre 1936 et arrivé sur le théâtre d'opérations, continue à conduire ce véhicule, ramassant les blessés sur le champ de bataille et les menant aux hôpitaux. Mais, considérant que la lutte contre le communisme intéresse non seulement l'Espagne, mais aussi le monde, il veut servir plus efficacement et cherche à s'engager. Il y réussit le 20 janvier 1937 et est affecté au Tercio, à la 2ème Légion avec le grade de Lieutenant pour la durée de la campagne. Le 6 février, il est désigné pour la 19e Compagnie du 5e Régiment ou Bandera avec laquelle il participe à la prise de Ciennozuelos, ville dans laquelle la colonne doit entrer à l'arme blanche tant la résistance ennemie est acharnée. Le 16, au point du jour, il pénètre avec son régiment dans les cultures d'oliviers vers l'objectif, une station radiotélégraphique. L'ennemi résiste avec ténacité, favorisé par la nature accidentée du terrain; Baudouin, à la tête de sa section, met l'adversaire en déroute complète. La position est emportée, mais Baudouin est tué durant ce combat. Le médecin de son régiment, le Docteur CLAVARO, l'emporte dans la même voiture ambulance qu'il avait conduite pendant cinq mois. Un de ses amis du Groupe d'ambulanciers, José Luiz MARTÎNEZ, veille a ce qu'il soit enterré à Tolède. Il y aura sa tombe jusqu'en 1968, date à laquelle il sera transféré à la Valle de los Caidos où le Général Franco a réuni tous ceux qui ont offert leur vie durant la guerre civile. Comme ses frères, Baudouin s'est attiré par son caractère 'plein de joie et de gaîté' beaucoup d'amis. 'J'ai parlé avec son ordonnance et avec quelques compagnons qui le connaissaient bien et qui l'aimaient comme nous l'aimions, nous tous qui l'avons connu, et ils m'ont raconté la douleur que sa mort avait produit à la Bandera et encore plus dans sa compagnie où malgré le peu de temps qu'il y est resté, il avait su avec sa bonté, se faire aimer de tous ses compagnons et subordonnés'.
Albert-M.-L.GREINDL, Docteur en Droit, Lieutenant de réserve honoraire de Cavalerie, Capitaine A.R.A., Croix de Guerre avec palmes, né à Ixelles le 20 octobre 1914. II épouse à Bruxelles, le 2 février 1939, Denise LECLERCQ, née à Sainte-Adresse (Seine Maritime) le 8 août 1917 fille de Henri et de Louise DUBOST, dont il a trois enfants. Décorations: Chevalier de l'Ordre de la Couronne avec palme. Croix de Guerre avec palme. Fourragère 1940. Médaille du Volontaire 1940-1945. Médaille de la Résistance. 1939-1945 Star. France and Germany Star. Médaille de la France Libérée. Croix des Évadés. Member of the Order of the Brirish Émpire. Médaille du Prisonnier de Guerre avec une barrette. Médaille du Prisonnier Politique. Médaille commémorative de la Guerre 1940-1945 avec deux sabres croisés. A titre civil :Officier de l'Ordre de Léopold H.
Gérard-Antoine-Paul GREINDL, est né à Ixelles 1e 10 novembre 1910 et tombé dans 1e ciel d'Afrique 1e 13 mai 1948 à Libenge, Congo belge. Se destinant à l'aviation, il suit 1es cours de l'Ecole de Pilotage de Wevelgem sur 1es bords de la Lys, passe ensuite à Gossoncourt, près de Tirlemont, où il se trouve lors de l'invasion de la Belgique 1e 10 mai 1940. Sergent à la 3e Escadrille du 2e Groupe du ler Régiment d'Aéronautique, à l'insigne de la feuille de houx, il pilote des avions Fairey Fox affectés aux missions d'observation et de reconnaissance photographique. Il est cité à l'ordre du jour de l'Aéronautique pour une reconnaissance audacieuse faite 1e 10 mai. A la fin de la campagne, il se trouve dans 1e sud de la France. Il se sépare de son unité afin d'éviter d'être arrêté par l'occupant et rentre en Belgique à motocyclette. Après avoir revu ses parents, il repart en août avec son frère Pierre dans l'espoir de gagner l'Angleterre, passe 1es Pyrénées à pied, échoue de même que son frère dans 1es prisons espagnoles, pour lui le camp de Miranda, et parvient au Portugal en avril 1941 seulement. De là, il se rend en Afrique, d'abord au Congo où il est nommé Sous-Lieutenant en octobre 1941, puis il rejoint la South-African Air Force à Pretoria. A la Noël de la même année, il est versé à la 12e Escadrille de bombardiers de jour basée au Caire. Il participe aux opérations de bombardement qui contribuent à stopper l'avance allemande à El Alamein. Son adresse et son courage 1e font remarquer et reconnaissant sa valeur, la S.A.A.F. 1e nomme Capitaine sans qu'il soit passé par 1e grade de Lieutenant. Le 23 octobre 1942, MONTGOMERY décide d'attaquer et demande au 3e Wing de la S.A.A.F. de tendre un écran de fumée devant les lignes ennemies. Le commandant du Wing confie à Gérard cette mission d'audace et de précision : il s'agit de voler la nuit, par clair de lune, à 15 mètres d'altitude et à moins de 100 mètres du front ennemi. Cette mission est parfaitement réussie et contribue au succès de la percée vers la Tunisie. Après une période de repos au Transport Command, Gérard est affecté pour son deuxième tour d'opérations en mai 1944, à la 31ème Escadrille de bombardiers de nuit Liberator avec laquelle il participe aux bombardements en Europe centrale, en Grèce, en Crète. Deux fois, entre 1e 13 et 1e 16 août 44, il est envoyé depuis son aérodrome de Brindisi jusqu'au-dessus de Varsovie pour y larguer vivres et munitions aux insurgés polonais. Ce sont des missions extrêmement dures, périlleuses et longues, d'une durée de 10 à 11 heures; 1es Liberators sont harcelés par la chasse ennemie et une DCA nourrie. Varsovie n'est qu'un immense brasier que l'on repère de loin, 1es fumées flottant jusqu'à 50 kms de la ville et répandant 1eur âcre odeur dans la carlingue de l'avion. Gérard lâche ses conteneurs avec précision dans cet enfer : 'pilote et officier exceptionnel, il fut l'un des rares commandant de bord à mener à bien deux missions sur Varsovie'. Dans son journal de campagne, il en attribue 1e mérite à son équipage. Il est promu au grade de Major à l'âge de 27 ans. Il termine la guerre après son second tour d'opérations comme Flight Commander au Transport Command. Il est cité à l'ordre du jour de la Force Publique pour 'son courage exceptionnel... son magnifique mépris du danger... sa participation comme volontaire à toutes 1es missions périlleuses'. Après la guerre, il quitte l'armée, passe quelque temps au Congo et s'engage enfin, en 1947, à la Sabena où il vole comme Commandant de bord sur la ligne Belgique-Congo-Afrique du Sud. Il a fait 22 liaisons Belgique-Congo, quand le 13 mai 1948, son avion est pris dans une tornade aussi violente que soudaine au moment où il s'apprête à atterrir sur l'aérodrome de Libenge. L'avion est plaqué au sol et s'écrase parmi 1es grands arbres de la forêt équatoriale. Gérard est enterré en terre congolaise. Le ler décembre 1944, il épouse à Lillois Jacqueline de MEEÛS, née à Lillois 1e 12 mars 1920, fille du Comte Jean de MEEÛS d'ARGENTEUIL et de la Baronne Clotilde SNOY, dont il eut 2 enfants. Décorations de Gérard GREINDL : Croix de Guerre avec deux palmes. Chevalier de l'Ordre de l'Étoile africaine avec palme. Distinguished Flying Cross. 1939-1945 Star. Africa Star with clasp. African Medal. Italian Medal. Étc ..